Chaque couche = un épisode. Reconstituer : quand est tombée la neige ? Quel vent ? Quelles températures après ? Regel ou dégel ? Givre de surface formé ? Ce film explique la structure actuelle du manteau.
① À la montée : Bâton systématique toutes les 15 min + observations du traceur en continu (voir détail ci-dessous). ② Au pied de la pente (zone sécurisée) : Découpe du bloc 90×30cm + CT + ECT → évaluer surcharge, propagation, couche fragile. Test de la plaque avec un skieur au-dessus si doute. ③ Au sommet : Test de pente à la corde (corde statique 30m type Petzl RAD LINE) avant tout engagement en terrain engagé.
Colonne isolée de 30 × 30 cm, pelle posée à plat dessus. Trois séries de 10 coups : poignet, coude, bras tendu depuis l'épaule. On note le nombre de coups à la rupture et sa nature : Q1 nette et plane, Q2 avec affaissement net, Q3 progressive. Mesure surtout l'amorce, peu la propagation.
Colonne de 90 cm en travers de la pente sur 30 cm vers l'amont. Mêmes séries de coups, d'un seul côté. ECTP + nombre de coups : la fissure traverse toute la colonne, signal défavorable. ECTN : pas de propagation, plutôt rassurant mais jamais une garantie.
Colonne de 30 cm de large sur 100 cm vers l'amont (ou deux fois l'épaisseur de plaque si elle est plus grande). On scie la couche fragile depuis l'aval. On relève la longueur de coupe à laquelle la fissure part seule, et si elle traverse toute la colonne (« End »). Plus la coupe est courte, moins on a de marge.
Dans leur protocole de terrain (ROMANsns, présenté à l'ISSW 2024), A. Duclos, F. Pourraz et G. Bourgeois font systématiquement deux CT, un PST en priorité, et un ECT dans certaines conditions. L'intérêt du PST : il n'est pas faussé par l'effet isolant de la plaque, qui peut donner un faux négatif à l'ECT.
Un test ne vaut que pour l'endroit où il est fait : l'épaisseur de la plaque et la couche fragile varient d'une pente à l'autre. Un résultat « stable » ne remplace ni le bulletin, ni l'observation du terrain, ni la prudence. C'est la raison d'être de la décision au sommet et de la conduite de groupe.





Le manteau est surchargé vite. Le risque monte pendant et juste après les chutes. Souvent, la patience de 24 à 48 h fait toute la différence.
Neige transportée, déposée sous le vent des crêtes et dans les couloirs. Surface mate ou bombée, son creux, fissures qui partent. Se lit mieux avec le vent des dernières 48 h.
Le piège le plus insidieux : gobelets, faces planes ou givre enfoui. Peut rester instable des semaines, partir à distance, donner de grosses plaques. Dix traces peuvent passer, la onzième déclenche. Si le BERA la mentionne, la marge se réduit nettement.
Dépend de la température : iso 0°C, nuit sans regel, soleil. Signes : boules de neige qui roulent, botte qui s'enfonce profondément. Partir tôt, redescendre avant le ramollissement.
La neige glisse sur un sol lisse (dalles, herbe). Fissures « gueule de poisson » : imprévisible, ne jamais stationner dessous.
Familiarité (« je connais cette pente ») · Acceptation sociale (ne pas décevoir le groupe) · Cohérence / engagement (« on a déjà fait 3 h de montée ») · Expert halo (suivre celui qui « sait ») · Traces (des traces = c'est bon) · Scarcité (la dernière poudre de la saison). Les connaître ne protège pas, mais les nommer à voix haute dans le groupe aide à les voir.
Dans la pente raide : un seul skieur exposé, les autres en zone sûre, en vue, avec leur DVA. À la montée : distances de délestage dans les passages exposés.
La plupart des déclenchements accidentels ont lieu entre 30° et 45°. Se méfier aussi des pièges : cuvettes, goulets, barres ou ravins en aval qui aggravent les conséquences.
Un itinéraire de repli défini avant de partir. Le demi-tour est une décision de guide, pas un échec.
Chacun dit ce qu'il a vu, ce qui le gêne. Celui qui doute a le droit de stopper le groupe, sans justification à fournir.
1. Vérifier qu'il n'y a pas de second danger. 2. Repérer le point de disparition et le dernier point où la victime a été vue. 3. Tous les DVA en mode recherche, signal puis recherche fine. 4. Appel au 112 dès que possible (à plusieurs : une personne appelle pendant que les autres cherchent). 5. Sondage puis pelletage : creuser en V depuis l'aval, en se relayant. 6. Dégager d'abord les voies aériennes, puis protéger du froid. Les chances de survie chutent fortement après 15 minutes : la rapidité du secours entre compagnons est déterminante.
Ceci est un rappel, pas une formation : un stage encadré (guide, ANENA) et un entraînement DVA régulier restent indispensables.
Une fois le protocole en tête, l'onglet Décision t'aide à comparer les massifs selon le BERA, la météo et ton groupe.
Tendance globale fiable jusqu'à J+7. Précision locale réelle seulement à 24/48h. Construire sa météo de l'extérieur vers l'intérieur : synoptique → méso-échelle → local → site. Ne jamais sauter une étape.
Whympr combine vue 3D, cartes IGN 25k, calques pentes et exposition, import GPX, calcul dénivelé et accès BERA sur une seule interface. L'agrégateur le plus complet pour la préparation terrain en France. Fonctionne hors-ligne.
Une vidéo récente de la face vaut mille mots de topo. Les webcams, YouTube et les réseaux sociaux permettent de voir les conditions réelles. C'est souvent là qu'on découvre que la "poudre annoncée" est une croûte de regel.
Aucun outil numérique ne remplace un coup de téléphone à quelqu'un qui était sur le terrain hier. Un retour de "condis" humain, géolocalisé précisément sur la face visée, vaut toutes les données météo du monde.
Fixée la veille, tenue sans négocier. Le sommet est optionnel, la descente est obligatoire. Départ tôt : pierres, séracs et neige pourrie se réveillent l'après-midi.
F (facile) · PD (peu difficile) · AD (assez difficile) · D (difficile) · TD (très difficile) · ED (extrêmement difficile) · ABO. La cotation ne dit rien des conditions du jour : une AD peut devenir dure sous la glace ou la neige lourde.
Chutes de pierres et de séracs, corniches, ponts de neige sur glacier de plus en plus fragiles en fin de journée. Ce sont les dangers qu'on ne gère pas par la technique : on les gère par l'horaire et le choix de l'itinéraire.
Pas de regel la nuit = neige, ponts et rocher moins fiables le lendemain. Regarder l'iso 0°C de la nuit, pas seulement celui de la journée.
Casque · baudrier · corde et longes · piolet et crampons · DVA / pelle / sonde · trousse de secours et couverture de survie · frontale + piles · téléphone chargé + batterie · carte et topo papier · eau et nourriture de marge · une couche chaude de plus que prévu.
Vue satellite du décollage : obstacles, câbles, lignes électriques, sens du vent dominant. Analyse du plan d'atterrissage : surface, obstacles, orientation. Webcams pour valider les conditions du jour.
Partager le plan de vol avec les personnes au sol. Définir un point de contact, une heure de retour, un protocole si pas de nouvelles. Quelqu'un doit savoir où tu voles.
Acheter les topos papier locaux au Vieux Campeur ou en librairie spécialisée. C'est soutenir les équipeurs. C'est aussi la seule vraie sécurité quand le téléphone n'a plus de batterie en grande voie. Une lecture approfondie évite 80% des erreurs d'itinéraire.
L'état du sol change radicalement la sécurité : boue glissante, racines détrempées, pierriers instables sous neige fondante. Consulter les indicateurs météo-agro pour anticiper la saturation du sol. Le retour communauté (Strava, réseaux) est souvent plus précis que les modèles.
Les routes de cols sont régulièrement regravionnées ou marquées par des éclats de roche. Chercher les retours de conditions récents sur les forums cyclistes locaux avant de descendre un col à grande vitesse. Un gravier inattendu dans une descente = chute garantie.
Ce site ne remplace pas une formation certifiée. Tout ce que tu trouveras ici est le reflet de ma démarche personnelle — construite avec les outils que j'avais à disposition, les gens qui m'ont entouré, et ma propre expérience terrain. Les outils référencés sont certifiés et officiels. Ma façon de les utiliser, elle, ne l'est pas. La décision finale t'appartient toujours. Cette démarche-là n'est pas certifiée, ça ne tient qu'à moi.
J'ai subi une avalanche. Ce jour-là a été un tournant. Pas juste une frayeur — une remise en question complète de ma façon d'aborder le terrain neigeux. Ça m'a forcé à étudier sérieusement la nivologie, à comprendre ce que je ne comprenais pas, à aller chercher les bonnes sources. L'ANENA, les bulletins SLF, les coupes de profil, les tests terrain — tout ce que tu trouves dans l'onglet Avalanche est directement issu de ce travail. Cet accident a fait de moi un pratiquant plus humble et plus rigoureux. J'espère que ce site peut t'éviter d'apprendre la même leçon de la même façon.
Cet outil ne remplace ni le BERA, ni une formation, ni ton jugement sur le terrain. Il ne se connecte à aucune donnée en direct : il travaille uniquement avec ce que tu saisis, repris du bulletin officiel. Il ne dit jamais qu'une zone est « sûre » : il classe les massifs du moins défavorable au plus défavorable et fixe des limites de terrain. Les pondérations sont indicatives, choisies pour la prudence, non validées scientifiquement. Comme le reste du site, cette démarche n'est pas certifiée.
Les sorties récentes montrent la neige, le vent, les woufs et les fissures vus sur place. Cherche le massif et la période sur Skitour ou Camptocamp, puis compare l'altitude et l'exposition avec le BERA. Les courses les plus faites sont aussi les mieux documentées, donc plus faciles à préparer.
Des traces sur une pente ne disent pas qu'elle est stable : c'est le piège « T » de FACETS. Une pente très fréquentée peut aussi partir. Utilise les comptes rendus pour informer ta décision, jamais pour la remplacer.
Prépare ta sortie avec Avalanche & Nivologie (protocole terrain, tests CT / ECT / PST, checklist), Météo et Carto / Whympr (pentes et expositions).